• Si cette cavité figure dans les pages de ce blog c'est que désormais, elle tient, à plusieurs titres, une place particulière dans ma vie d'apprenti spéléologue !

    contre jour hivernale


    Ce trou ce situe en bordure du plateau de plaine-Joux, sur la commune d'Onnion, a peu près sur la même ligne que la grotte de Megevette (décrite dans un autre article). Une première partie du trou est horizontale mais si on veut pousser l'exploration un peu plus loin, il faut rapidement s'équiper pour plonger le long d'une première corde de 18m... nous voilà donc à ma première attache sentimentale à ces lieux : c'est dans ces puits qu'a réellement commencé mon initiation à la spéléo vertical... merci Hervé !


    ... ça caille déjà moins... cette portion de méandre m'a donnée un coup d'chaud la première fois, surtout à la remontée !!! ... oui, oui... on est bien debout !!!

    Depuis quelques années cette cavité est en effet régulièrement fréquentée par les membres du SCASSE pour l’initiation à la progression sur corde. Le parcours n’y est pas pour autant facile. Après une petite cinquantaine de mètre de descente en "escalier" où s'alternent puits et portions de méandres, tantôt étroit, tantôt large et ébouleux, on arrive au bas d'une diaclase... terminus a -38m depuis de nombreuses années. C’est la partie topographié de la cavité par le Spéléo Club des Mémises (Topo publié dans le Spéléalpe n°16)

     

    Parallèlement à ces « visites », notre cher président de club, descendait régulièrement dans ce trou histoire de gratter à droite et à gauche pour trouver la suite… En avril 2010, Jean-Pierre progresse seul à plusieurs reprises dans un méandre étroit et agressif qui me laissera bientôt toutes une série de souvenirs bleutés un peu partout sur le corps. Il effectue une de ces « pointes » en compagnie de deux autres membres du club, Hervé et Clémentine.

     

    Dans le jargon spéléologique, faire une « pointe » signifie que l’on a découvert une suite, que l’on a progressé dans une partie de la cavité jusqu’alors inconnue. Souvent, ces « pointes » ne sont possibles qu’après un long travail de désobstruction où il faut dégager les matériaux qui encombrent un boyau ou élargir des petites étroitures à l’aide d’un perfo et de petites charges explosives. (Technique nommé « Tic-Boum »). Une désobstruction est prometteuse lorsqu’elle est parcourue par un courant d’air… ce qui signifie que la cavité débouchera, tôt ou tard, quelque part…


    Un joli exemple de surcreusement... pour la petite histoire, la corde devant servir à descendre du puit nous échappera et s'arrêtera 2m plus bas... nous la récupérerons tant bien que mal... ouf... la pointe est sauvé !
     

     

    Le 24 mai 2010, Après avoir fait les 9/10eme du boulot… Jean-Pierre m’obligera presque à changer mon emploi du temps pour que je l’épaule dans son aventure du jour… cela va s’en dire, je le suivrai très volontiers car, lors de sa dernière sortie il s’est arrêté au sommet d’un puit d’une hauteur qu’il estime à une dizaine de mètres et qu’il n’a pas descendu faute de matériel et de temps pour agrandir l’orifice !

     

    On en vient ainsi aux autres liens sentimentaux qui me lies à ce petit gouffre… ce jour là, pendant que Jean-Pierre fait péter ses pétards pour agrandir plusieurs passages, je serais mis à contribution pour équiper un ressaut d’environ 3m avec une échelle et ce fameux puit avec une corde de 15m… il faut percer… fixer les amarrages au bon endroit… une première pour moi !!! Pourvu que ça tienne... sinon…

     
    Un bel élargissement du méandre nous permet de descendre 3m d'un coup... j'équipe le passage avec une echelle pour facilité la remontée.

     

    Enfin, on s’équipe. Jean-Pierre descend le puit en premier, la corde s’arrête à 50 cm du sol... ouf... le puit fait 14m. Bon prince, mon compagnon, qui m'attend au pied de la corde, me laisse le privilège de passer devant pour la suite… un méandre large et glissant où on progresse en opposition. Environ 30m et quelques ressauts plus loin, nous sommes bloqués par un bouchon glaiseux… du travail en perspective !!! Mon Altimètre indique -70m mais une bonne marge d’erreur est à considérer… allez… on a qu’à dire -60m… Jean-Pierre nous aura mener au moins 22m plus bas que l’ancien terminus… bravo !!! Et merci !!!


    En bas, c'est l'inconnu... personne n'a jamais posé c'est bottes en bas de ce puit... faudra qd même élargir l'entrée !!! 


    Nous arroserons ma première "pointe" avec... une canette de COCA... oui, oui, de Coca... ça y est, j'ai commencé à proscrire l'alcool de mes sorties souterraines !!!

    La remontée sera épique, l’entraide sera salutaire… mon guide est septique… moi je suis heureux… (ma femme, elle, s’impatiente…) les dernières lueurs du jour nous accueillent à l’air libre, nous avons passé… 12h30 dans ce trou… cool !!!

     

     

    Au début, il m’a été difficile de comprendre pourquoi certains de mes collègues du club passaient autant de temps à creuser dans des trous « merdiques » plutôt que de visiter de belles grottes larges et concrétionnées. Seulement voilà… comment ne pas prendre goût à cette sensation étrange, mélange d’adrénaline et d’appréhension, d’envie de foncée tête baisée et de prudence… cette sensation que l’on ressent lorsque nos bottes laissent les premières traces là où personne n’est jamais passé avant, que nos yeux voient ce qu’aucune autre paire d’yeux ni aucun radar ou satellite n’a jamais observé ou photographié auparavant ???... Un puit vierge de 14m et 30m de galerie, c’est dérisoire mais… Aujourd’hui, après cette première inoculation du virus de l’exploration, je commence à mieux comprendre pourquoi ces acharnés, scientifiques dans l’âme, passent régulièrement plus de 10h sous terre en rampant en en tirant des « kit bag » au poid déconcertant…



    http://scasse74.free.fr/viewtopic.php?f=11&t=6279


    Pour info : L’EXPLO RESTE EN COURS !!! L’équipement est à améliorer IMPERATIVEMENT et plusieurs passages sont à agrandir avant de faire la topographie et de se remotiver pour aller plus loin !!!


    a suivre ...


    ... mars 2011 : Ca y est, j'ai commencé à faire la topo avec David du club. 5h30 de relevés pour 58m de méandre parcouru sur 21m de profondeur. La cote du sommet du P14 est donc -51m, au fond on doit donc plutôt être a -65... Mais depuis peu, JPP a repris la désob et refait un peu de première... -70 donc !!! Je pense que le méandre s'appelera désormais le "Méandre de la Gitane Maïs" en clin d'oeil aux mégots fumés par l'inventeur le jour de la première.

    A+...









     



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